Pour une économie sociale : notre position sur le PAFE

03.04.2026 - Emily Baumgartner (elle)

En 2025, le Conseil d’État du Canton de Fribourg a mis en œuvre son Plan d’assainissement des finances de l’État (PAFE). Derrière ce nom technocratique se cache un projet politique de droite visant à faire payer à la population les conséquences de politiques fiscales favorables aux plus riches.

Ce projet a suscité une forte opposition. Les élu·es socialistes se sont montré·es à la hauteur de l’enjeu en déposant de nombreux amendements afin de protéger le service public et les prestations essentielles. Pourtant, la grande majorité de ces propositions a été rejetée par la droite et l’extrême droite au Grand Conseil.

Face à ces choix politiques et à l’indignation croissante de la société civile, une large coalition s’est formée pour lancer un référendum contre les mesures d’austérité.

Qu’est-ce que le PAFE ?

Le PAFE constitue un ensemble de mesures visant à réduire les dépenses du canton dans plusieurs domaines. Toutefois, seule une partie de ces mesures sera soumise au vote populaire en avril, à savoir celles relevant de la Loi sur l’assainissement des finances de l’État (LAFE).

L’objectif poursuivi par ces réformes est clair : diminuer les investissements publics et réduire le financement de nombreux services publics et parapublics.

La mobilisation de la gauche

Dans ce contexte, plusieurs forces de gauche fribourgeoises, dont le Parti socialiste fribourgeois, ont lancé un référendum contre la LAFE. Cette mobilisation a rencontré un large soutien populaire, permettant de récolter plus de 10'000 signatures.

À l’approche de la votation populaire, la Jeunesse socialiste fribourgeoise se positionne clairement : nous défendons un État social fort et refusons les politiques d’austérité imposées par le Conseil d’État.

Deux visions de société s’opposent

La droite : austérité et privatisation

Dans cette vision, le PAFE est accepté et les premières coupes budgétaires — celles qui nous sont aujourd’hui proposées et soutenues par les milieux économiques — ouvrent la voie à de nouvelles réductions. Après une première vague d’économies, la droite et l’extrême droite s’attaqueront à nouveau aux services publics avec pour objectif, à terme, de les privatiser.

Dans ce scénario :

Santé : les soins deviennent toujours plus chers, l’hôpital fonctionne en sous-effectif, la logique du profit prime sur le bien-être des patient·es et du personnel soignant.

Crèches et accueil extrascolaire : sous-financés et inaccessibles, frappant principalement les femmes, souvent contraintes de mettre leur carrière entre parenthèses pour s’occuper de leurs enfants.

Éducation : bourses d’études raréfiées, frais en hausse, études universitaires réservées aux familles les plus aisées.

Fiscalité : les baisses fiscales pour les plus riches restent intactes, renforçant un système qui privilégie les intérêts privés au détriment du bien commun.

La gauche : protéger le service public

Dans cette perspective, le référendum lancé par le Parti socialiste fribourgeois est accepté par la population. Un nouveau plan d’assainissement peut alors être envisagé, dont la première mesure consiste à revenir sur les nombreux cadeaux fiscaux accordés aux plus riches depuis près d’une décennie.

Par cette décision :

• la gauche et les syndicats permettent de préserver une grande partie du service public ;

• les éventuelles mesures d’économie deviennent limitées, un moindre mal au regard des enjeux sociaux ;

• l’État conserve les moyens d’assurer des prestations publiques accessibles et de qualité.

Réflexion sur le long terme

Au-delà de cette votation, une réflexion plus large s’impose sur notre conception du budget cantonal.

La règle du budget équilibré, qui impose au canton de ne pas dépenser plus qu’il ne perçoit, interdit tout endettement, même modéré. Si ce principe peut sembler vertueux à première vue, il devient problématique lorsqu’il empêche les investissements nécessaires au bon fonctionnement de l’État et des services publics.

Nous estimons que l’intérêt collectif et la qualité des prestations publiques doivent primer sur des considérations purement comptables.

C’est pourquoi nous défendons la possibilité d’un endettement raisonnable du canton de Fribourg, afin de garantir un service public fort, capable de répondre aux besoins de la population.

Notre position

Nous, jeunes socialistes, affirmons notre soutien au service public et à celles et ceux qui le font vivre au quotidien.

Nous refusons une vision du monde où les logiques de profit priment sur les besoins humains.

Nous nous engageons pleinement en faveur du référendum lancé par le Parti socialiste fribourgeois et soutenu par les syndicats tels que le SSP et la FEDE.

Nous continuerons à défendre un service public fort et accessible à toutes et tous, et nous nous opposerons à toute tentative de privatisation.

Face aux politiques d’austérité, nous faisons un choix clair : solidarité, économie au service de la population et État capable de répondre aux défis sociaux de notre temps.